Un oubli que je répare aujourd'hui
Tout le monde reconnaîtra...
Concernant les deux petits chatons noirs, nous avons des renseignements divergents quant au lieu où ils ont été récupérés. Une première personne nous avait affirmé qu'ils se trouvaient à
l'extérieur de l'enceinte de l'hôpital mais nous avons eu hier une autre version indiquant qu'ils étaient au niveau de la maternité. Nous n'allons jamais vers la maternité car nous n'y
avons jamais vu de chats, bien que l'année dernière, certaines personnes nous avaient affirmé qu'il y en avait.
Quoiqu'il en soit, ces deux chatons sont les premiers protégés de notre nouvelle association SOS Chats de l'hôpital qui devrait être enregistrée dans les jours qui viennent après un retard
administratif sur lequel je ne m'étendrais pas. Nous avons donc décidé de les baptiser Alpha et Oméga.
Bien que le délais fixé par notre vétérinaire ne soit pas encore écoulé, Nath a pu faire le constat de l'amélioration de la santé de la petite Alpha qui bien que toujours fragile, mange, boit et
s'amuse un peu et semble sortie de sa phase d'abattement. Elle fait 800 grammes. Son frère lui, n'a donné aucun signe de fatigue ou d'abattement depuis 48 heures, bien au contraire. Il est
plein d'énergie, très joueur et vif. Nath a pris la décision de les séparer. En effet, le petit fripon ne cesse d'embêter sa soeur, qui a besoin de calme et de repos pour reprendre du poil de la
bête. Nous espérons que l'évolution encourageante de ces dernières quarante-huit heures se poursuivra dans les jours qui viennent.
Il n'y a pas que Petit Cerbère au jardin central. Boromir, Lilith, Petitjean sont là aussi. Mais dès que nous pénétrons dans l'enceinte, tout ce petit monde s'enfuie et regagne le vide
sanitaire.
Direction ensuite, le laurier central : Electron s'éloigne aussitôt...
En revanche, et bien que les gamelles soient encore pleines, Scille n'est pas indifférente à notre présence...
Avant son adoption, Scarlett était déjà un symbole. Triste symbole en vérité. Il y a des choses comme cela qui ne s'aprennent pas, qui sont innées. Personne n'a jamais appris à Scarlett l'ivresse
de la vie. Personne ne lui a jamais dit que la vie devait être vécue passionnément, le coeur vaillant et rempli de tendresse. Cela, elle l'a su toute petite, avant même que ce trop plein d'amour
et de joie intense ne la conduise derrière les barreaux. Presque deux années. C'est dur deux ans d'enfermement quand on est possédée par l'ivresse de la vie et les vertiges du bonheur. Dans
son malheur, Scarlett avait reçu un autre don, précieux et vital : un instinct de survie exacerbé. Un instinct qui faillit lui coûter cher. Combien d'autres se sont effondrés et on ainsi payé de
leur vie de trop longs mois d'emprisonnement, de détresse, de promiscuité, de luttes territoriales incessantes. Pour ne pas périr, Scarlett a enfermé son petit coeur tendre sous une carapace de
survie, afin de le protéger. Elle a appelé au secours en se forgeant une armure de protection. Elle a ainsi survécu presque deux ans, mais comme une paria. Une jolie chatte, éblouissante même,
mais qu'il ne fallait pas toucher, pas caresser, associable, dangereuse même, bref implaçable, et que l'on ne proposait même plus à l'adoption : trop de risques pour des enfants, trop de risques
pour des compagnons potentiels, trop de risques même pour un adoptant potentiel. Nous étions un petit nombre à savoir, secrètement que cette Scarlett là n'était pas Scarlett, que la vraie
Scarlett réapparaîtrait sitôt que la porte de sa cage se serait entrouverte et jour après jour nous faisions le constat amer des craquements de son armure. Combien de temps allait-elle pouvoir
tenir ? Combien de temps ce petit coeur allait-il pouvoir résister aux assauts répétés de ce bouillonnement intérieur, de cette ivresse de vie, qui par vagues tumultueuses se jetaient sur les
barreaux de la prison ?
Le petit coeur a tenu et il est intact. Et plus que jamais, Scarlett demeure après son adoption un symbole, le plus beau des symboles, celui d'une leçon de vie. Scarlett a déposé l'armure,
supporte sa compagne, grimpe sur les genoux des visiteurs de la maison et ne répond plus à leurs caresses par de violentes morsures. Scarlett est ivre de la brise extérieure, de l'air
pur de la liberté, qu'elle ne renonce même pas à aller humer sous la pluie. Son rêve secret s'est accompli : celui de ne plus se battre désormais qu'avec les feux de la tendresse,
et donner, tout donner, avec ivresse. Longtemps, très longtemps, le plus longtemps possible...
D'autres Scarlett attendent dans tous les refuges. Partez à leur rencontre et sachez les voir...
C'est une question que nous posent parfois certaines personnes qui n'ont pas compris la spécificité de nos protégés de l'hôpital : "quel est leur comportement avec les chiens ?". Etrange question puisque nous ne savons rien du passé de ces chats. Pour ceux qui sont nés sur le site, il est clair qu'ils ne connaissent pas la gens canine. Ils ne connaissent en fait de la vie que leur carré de béton, leur souterrain et leur vide sanitaire, les quelques protecteurs qui essayent de venir les nourrir régulièrement. Mais une fois en sécurité dans un foyer plein d'amour, ils sont comme tous les chatons : ils apprennent la vie dans ce qu'elle peut avoir de rassurante, de confortable, d'agréable. Ni Faramir, ni Talie (ex-Shakti) n'avaient jamais vu de chiens. Les voici aujourd'hui, avec leurs nouveaux compagnons :


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