Le sort de Dimitri n'a pas fini de me plonger dans l'amertume. J'avais vécu sa relache sur le site de l'hôpital à l'époque de Noël comme un échec personnel. Il n'y a rien de pire que
d'être contraint de relacher dans la nature un chat dont on sait qu'il est doux, gentil, alors que vous connaissez son énorme potentiel de sociabilisation et qu'un adoptant s'était
manifesté, tout cela, faute de structure d'accueil et de sociabilisation adéquate. Certes.
Mais il y a quelques semaines, Nath s'était inquiétée. En allant nourrir les chats de l'hôpital, elle était tombée sur Dimitri et avait tenté de l'amadouer tout en l'observant. Verdict : Dimitri
n'avait pas de tatouage dans l'oreille. Question immédiate : s'il n'est pas tatoué, et-il castré ? A priori nous savions que les chats évoluant autour de "neuro" étaient pris en charge par une
autre association que les
Amis du chat de Cabestany : peut-être cette association se contentait-elle de stériliser sans identifier ?
Hier, lors d'une rencontre avec Irène et Nathalie, infirmières au service "endocrino", j'ai eu confirmation : Dimitri n'a non seulement pas été identifié mais il n'a jamais été castré. Le fait
que Dimitri n'ait jamais été castré me permet certes de comprendre pourquoi ce furieux besoin de sortie, ce besoin de quitter au bout de 3 semaines sa chambre de sociabilisation et ce confort
qu'il semblait tant apprécier, en voyant mes chats évoluer sous sa fenêtre dans le jardin. Mais loin de me rassurer quant à l'échec de l'expérience avec Dimitri, cette révélation ne fait
qu'accroître ma culpabilité. Durant 3 semaines, je l'ai caressé, je lui ai donné à manger à la main, je l'ai vu, couché sur un lit de la maison, et pourtant, pas un instant je n'ai remarqué son
absence de tatouage, et pire encore, qu'il n'était pas castré! Le poil mi-long angora n'est pas une excuse. Comment ai-je pu ainsi passer à côté de cet état de fait ?
Quel énorme gachis !
Ce matin, vers 9 heures, j'ai revu Dimitri, profitant des premiers rayons de soleil d'une matinée estivale. Il s'est rapidement enfui à mon approche, se réfugiant derrière les grilles du centre de
transfusion sanguine où il vit désormais avec plusieurs mâles. Je l'ai trouvé fatigué, amaigri, et son magnifique poils blanc angora est désormais bien sale et bien terne... le sort de Dimitri n'a
pas fini de me hanter... s'y ajoute désormais une lourde culpabilité...
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