Les commentaires que laissent les visiteurs du blog sont généralement des conseils ou des encouragements. Rarement des critiques publiques. Ce qui ne veut pas dire que je ne reçoive pas
forcément de critiques par d'autres canaux. Certaines sont constructives, d'autres non. Certaines sont polémiques et volontairement agressives, d'autres sont dépourvues de tels caractères.
En voici quelques-unes :
"
Vous n'avez pas honte de consacrer tout ce temps à des chats ? J'ai un ami en Thaïlande qui se lève chaque matin avec une seule préoccupation en tête : savoir comment il va pouvoir manger pour
survivre... occupez vous plutôt des humains..."
Une telle critique m'interpelle et me conduit à réfléchir. Je repense alors à d'autres engagements associatifs en dehors de la protection animale, qui furent les miens ou qui
continuent à l'être. Je me souviens ainsi de cinq années d'engagement actif entre 1989 et 1994 auprès des personnes atteintes du HIV, quand l'absence de trithérapies transformaient
régulièrement les visites d'accompagnement aux malades en veillées funèbres. Tenter de quitter avec le sourire un gamin de 20 ans, sans savoir s'il sera encore là la semaine
suivante...
On m'a souvent dit, alors, que j'avais bien du temps à perdre parmi de tels
dégénérés qui n'avaient que ce qu'ils méritaient.
Passons. L'ancien Parisien que je suis a très tôt été
confronté à la détresse des sans-abris, et cela, bien avant que les medias reviennent régulièrement sur le sujet. J'ai connu aussi quelques temps, les tournées nocturnes de
Médecins du
Monde à travers la capitale, par un froid glacial. J'avais l'impression en tentant d'arracher quelques mots à des hommes et des femmes de tous âges, que j'avais à faire à ce que l'on a
appelé plus tard, des "
blessés de la Vie". D'autres me disaient que j'avais bien du temps à perdre
avec des fainéants qui ne voulaient pas se lever tôt le matin pour aller
travailler...
Aujourd'hui encore, en fonction de mes disponibilités, j'essaye de manière différente, et selon mes moyens et mes capacités, de demeurer, à ce que j'appelle le service de la Cité. Ben ou
mal, mais j'essaye. J'espère seulement que ceux qui me critiquent en font autant. Généralement, il ne répondent pas à cette question quand je la leur pose...
Et il se trouve aussi que depuis quelques temps je m'occupe de chats, ben oui. !J'ai l'impression qu'en ce moment je peux servir cette cause, même si d'aucuns la jugent inutile ou
puérile.
Là aussi, quelques critiques, venant de gens affirmant faire de la protection animale, et qui me touchent plus ou moins. Critiques sur la forme : ce blog ne serait qu'une longue
prose
larmoyante.
Peut-être, oui. Je dis les choses avec mes mots à moi, et n'ai pas la prétention d'être un agrégé de lettres classiques.
Comme je ne suis pas bouffé par mon
ego, je ne cache pas mes erreurs ou mes doutes, comme d'autres le feraient. Ce qui me permet de recevoir des commentaires comme celui-ci :
"
Vous n'avez pas été fichu de vous apercevoir qu'un chat n'était pas castré... ce qui reste quand meme une des notions de base quand on prétend s'occuepr de chats errants !... Si vous avez jugé
le comportement d'elliott de la meme manière que celui de ce chat, je ne doute pas des erreurs commises...
et avant de parler littérature, va étudier pour savoir comment distinguer un chat
castré d'un chat non castré ..."
"J
e ne sais pas si je dois sourire ou pleurer de te voir cautionner ce genre de comportement" : il semblerait en effet que j'ai cautionné un chantage à l'euthanasie... quand j'aurais un
peu de temps à perdre, j'irai voir où et quand j'ai pu cautionner un chantage à l'euthanasie...
"
On va te donner un peu d'explications qui je l'espère te permettrons d'en sortir grandi... Je t'invite quand tu veux à venir chez moi sur le terrain, me rencontrer ... je t'apprendrai ...
comment on connaît un chat depuis des années en vivant à ses côtés et comment on peu après ça se venter de savori exactement ce qu'il lui faut."
Je note donc et j'enregistre, je réfléchis. Ces critiques sont elles fondées ? Peut-être ne suis-je effectivement pas apte à m'occuper des chats de l'hôpital et que je commet trop d'erreurs et que
je devrai ainsi m'abstenir de poursuivre. Je me dis bien que sur la vingtaine d'adoption effectuée, une seule s'est soldée par un échec, et il est sûr que c'est pour moi une erreur de trop et
qu'une erreur peut en amener d'autres. Quel poids cela doit-il avoir au regard de toutes les sociabilisations et adoptions réussies ? Je ne sais pas, et comme je suis toujours prêt à me
remettre en cause, il est bien évident que si après réflexion, il s'avérait qu'effectivement, mon incapacité devait me conduire à m'abstenir de poursuivre l'action entreprise, il faudra
bien que quelqu'un me succède dans cette tâche... Appel aux volontaires...
Derniers Commentaires