Ces premiers jours de l'été ont été particulièrement éprouvants. Pas seulement parce que le sort des chatons que nous avons en accueil nous préoccupe.
Sur le site, l'action n'est pas toujours facile. Notamment lorsque nous nous heurtons à la fermeture des accès au jardin central. Il faut alors joindre les services techniques pour à nouveau
plaider la cause de nos protégés. Si nous comprenons parfaitement les raisons qui ont conduit la direction de l'hôpital à fermer définitivement tout accès au jardin central, il nous faut
bien trouver une solution pour continuer à nourrir les nombreux chats qui y ont élu domicile. Un premier coup de téléphone et la visite d'Irène et de Nathalie aux services techniques nous
laissent quelque peu dubitatifs. L'accès nous est autorisé et nous n'avons qu'à passer par une des portes fermées par un boulon en le dévissant à l'aide d'une pince. Il serait pourtant si simple
d'avoir un double de clé d'un des cadenas qui verrouille la,porte d'accès principale, mais les services techniques se montrent réticents. On fera donc sans. Un jour, deux jours... et puis
subitement les boulons sont si resserrés que même la pince ne nous permet plus de les dévisser.
Les services techniques nous devancent par un appel de Mme P... Mais la discussion n'a pas pour objet l'accès au jardin central, Il est question de la prochaine campagne de désinfection des
vide-sanitaires pour laquelle on souhaite nous "consulter"..., ainsi que de la reprise de la prolifération ! Je proteste sur ce dernier point. et évoque la question de l'accès au jardin
central. Un rendez-vous est convenu où nous nous rendons Irène, Nath et moi. Rencontre avec Mme P., avec M. G., que nous connaissions déjà, et un de ses subordonnés que nous sentons
plus réticent que sa hiérarchie... et qui nous proposera l'idée d'effectuer nos trappages à l'aide de souris... L'occasion d'une mise à plat.
Nous défendons notre bilan et avons la satisfaction d'entendre que nous avons fait du bon travail depuis un an et qu'il faut continuer à collaborer étroitement. Nous évoquons l'installation
de nouveaux abris sur le site, plus petits que les précédents, et de mangeoires qui officialiseront les seuls points de nourrissage autorisés. La direction envisage même de les construire
elle même... à suivre... Nous expliquons les difficultés rencontrées, notamment en gastro . A notre demande, il est convenu qu'une nouvelle note de service interdira au personnel
non-habilité de nourrir les chats : le nourrissage sauvage à l'aide des plats cuisinés destinés aux malades doit être définitivement interdit et notamment en gastro.
Autre satisfaction, nos deux principaux interlocuteurs admettent volontiers que nos matous ne sont pas responsable de la prolifération des puces, sujet sur lequel j'ai d'ailleurs potassé. Mme P.
s'insurge d'ailleurs très justement sur la présence de multiples palettes de bois à l'abandon sur le site, véritables nids pour ces bestioles.
Nous en venons à la campagne de désinfection prévue à l'automne, lorsque les premiers services auront aménagé dans le nouvel hôpital. L'occasion pour nous de mieux connaître les
restructuturations à venir, ce qui sera détruit, ce qui subsistera, les premiers coups de pelleteuses étant prévus début 2009. M. G... trouve bonne l'idée de faire fermer les
vide-sanitaires au moyen de sortes de "chattières" ne fonctionnant que dans un seul-sens, qui permettrait que les chats puissent sortir des vides-sanitaires mais ne plus y rerentrer, d'autant que
ses services peuvent les fabriquer eux-mêmes... à suivre...
Lorsqu'enfin nous évoquons l'accès au jardin central, la réticence à nous confier une clé semble évidente, la troisième personne présente nous garatissant que le jardin central n'est pas fermé
totalement, ce que nous contestons. M. G... avant de prendre congé, nous invite donc à suivre son subordonné afin qu'il nous fasse découvrir l'accès magique, tout en lui conseillant de prendre
une clé de cadenas pour nous la confier au cas où nous aurions raison. Arrivés sur les lieux, force est de constater que nous avions effectivement raison. Qu'importe si l'étonnement de notre
interlocuteur était ou non simulé : une clé nous est confiée, il ne nous reste plus qu'à en faire des doubles pour les infirmières et pour les bénévoles. Nous faisons un petit tour sur les
lieux, et notamment à gastro où bien entendu, la chaleur aidant, des barquettes de nourriture destinées aux patients sont en train de pourrir. Notre accompagnateur semble étonné de
la présence d'un point de nourrissage à cet endroit....
Reste à mettre tout cela au point et à intensifier nos campagnes de stérilisation sur le site.
Une semaine plus tard, lors d'une tournée de nourrissage, surprise ! Le vide sanitaire de gastro est fermé, les gamelles d'eau et de croquettes ont été retirées, et naturellement, Béryl,
Soma, Sille, Crystal et deux chatons sont à l'intérieur... je me précipite aux services techniques, plutôt remonté, et j'expose la situation à Mme P... qui m'affirme que les services techniques
ne sont pour rien dans cette histoire. J'expose les choses très clairement : je ne veux pas savoir qui a pris cette initiative : eux, un patient, des personnels soignants, des
visiteurs...que les choses soient claires : on veut fermer le vide sanitaire, très bien. Tant pis pour les chatons pris au piège. Mais les trois femelles non stérilisées qui s'y trouvent
parviendront à en sortir. Il nous faudra plus d'un mois pour les repérer à nouveau sur le site, sur un nouveau territoire. Quand nous les aurons repérées, elles seront pleines et le temps que
nous puissions faire quelque chose, il y aura 3 nouvelles portées, incontrolables, sur le site, soit une dizaine de chats supplémentaires. Dans ces conditions, notre action ne sert plus à grand
chose. De toute façon j'ai réouvert le vide sanitaire et Nath me rejoint avec de nouvelles gamelles.
Hier matin, au même endroit, des barquettes de plat en sauce qui ont tournées permettent à d'énormes mouches de se régaler...
Nous attendons désormais la mise en oeuvre des décisions prises lors de notre entretien...
Et parce que l'été est là, nous voici privés de l'aide quotidienne d'Irène, de Genevière et de Nathalie, paries en congé annuel. Il nous faut nous relayer quotidiennement avec Nath, Marion,
Anouck, pour que nos protégés aient à manger...
Quant au sort de nos chatons, il ne semble intéresser personne...
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